Le Salon international de l’agriculture n’a plus à être présenté. Chaque année, il draine une foule dense, heureuse de découvrir animaux d’élevage, productions agricoles et spécialités régionales, à la porte de Versailles, à Paris. Reste que l’édition 2026 a été fortement perturbée par la décision des éleveurs de bovins de ne pas monter à la capitale avec leurs bêtes, sur fond de crise sanitaire liée à l’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse. Les organisateurs ont dû revoir, dans l’urgence, leur copie pour continuer à séduire le grand public.
A la manœuvre, le Centre national des expositions et concours agricoles (Ceneca), propriétaire de l’événement. Cette société anonyme se dit constituée par quelques grandes interprofessions agricoles, des banques et des institutions françaises. En réalité, elle est pilotée par les filières céréalière et betteravière, et la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), premier syndicat agricole.
Depuis 1963, le premier actionnaire du Ceneca, à hauteur de 41,66 %, n’est autre qu’Unigrains, le fonds d’investissement de la filière céréalière française. En ajoutant les 10,33 % détenus par la Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB), les deux entités s’octroient, ensemble, la majorité des parts. Parmi les autres actionnaires, l’organisme étatique FranceAgriMer (22 %), le Crédit agricole (5,25 %) ou la Ville de Paris (4,67 %). Paradoxalement, les éleveurs, qui forment pourtant, avec leurs animaux, le point d’intérêt central du salon pour les visiteurs, ne sont pas dans le tour de table.
Il vous reste 45.21% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.













