Maria Kolesnikova, figure de la contestation biélorusse, libérée en décembre après plus de cinq ans de prison pour son opposition au président, Alexandre Loukachenko, a reçu, samedi 14 mars, le prestigieux prix Charlemagne, en Allemagne, où elle vit désormais.
Décernée aux personnalités s’engageant de façon marquante en faveur de l’entente en Europe, cette récompense aurait dû lui être remise en mai 2022. Mais en raison de son emprisonnement, c’est sa sœur qui s’était alors rendue à la cérémonie.
« Ce prix appartient à toutes celles et ceux qui ont cru, qui ont combattu et qui n’ont pas abandonné », a affirmé cette musicienne de formation, qui avait été l’une des meneuses des manifestations contre la réélection jugée frauduleuse d’Alexandre Loukachenko, en 2020.
« La possibilité de vivre et de travailler en sécurité »
Maria Kolesnikova a « remercié l’Allemagne de lui offrir la possibilité de vivre et de travailler ici en sécurité ». « Pour quelqu’un qui sort tout juste de prison, cela signifie plus que les mots ne peuvent l’exprimer », a-t-elle insisté.
Contrairement à d’autres opposants, Maria Kolesnikova ne s’était pas exilée après le déclin des manifestations contre Alexandre Loukachenko. Cette flûtiste et chef d’orchestre professionnelle avait alors été condamnée à onze ans de prison à l’issue d’un procès à huis clos.
Le prix Charlemagne a été créé en 1949 à Aix-la-Chapelle, ancienne capitale de l’empire carolingien, pour promouvoir la construction européenne, après les destructions de la seconde guerre mondiale. Outre Maria Kolesnikova, deux autres figures de l’opposition biélorusse ont reçu ce prix en 2022 : Svetlana Tikhanovskaïa et Veronika Tsepkalo.











