Le président syrien, Ahmed Al-Charaa, a publié, vendredi 16 janvier, un décret accordant des droits nationaux aux Kurdes de son pays, reconnaissant notamment officiellement la langue kurde, au moment où son armée est engagée dans des combats avec les forces kurdes dans le Nord.
Dans ce décret, M. Chareh proclame le kurde « langue nationale », qui pourra être enseignée dans les écoles publiques des zones où cette minorité est fortement présente. Il instaure également Norouz, le nouvel an kurde célébré le 21 mars, comme jour férié officiel.
Le texte accorde par ailleurs la nationalité syrienne aux Kurdes, dont environ 20 % avaient été privés de leur citoyenneté à la suite d’un recensement controversé en 1962. « Les citoyens syriens kurdes constituent une partie essentielle et authentique du peuple syrien, et leur identité culturelle et linguistique fait partie intégrante de l’identité nationale syrienne », affirme le décret.
Les Kurdes ont souffert de décennies de marginalisation et d’oppression des régimes précédents en Syrie. Cette minorité avait profité du chaos de la guerre civile (2011-2024) pour s’emparer de vastes territoires du nord et du nord-est de la Syrie – incluant les champs pétroliers et gaziers – après avoir défait l’organisation djihadiste Etat islamique (EI) avec l’appui d’une coalition multinationale.
Annonces de frappes
L’annonce du président syrien intervient alors que son armée est engagée dans des combats avec les forces kurdes dans une zone du nord du pays, après les avoir délogées de la ville d’Alep la semaine dernière.
Les forces syriennes ont massé d’importants renforts à Deir Hafer, à une cinquantaine de kilomètres à l’est d’Alep, et sommé les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, d’évacuer un secteur entre cette région et l’Euphrate, plus à l’est. Depuis jeudi, des civils quittent la région par des routes secondaires, avant l’expiration d’un délai accordé par l’armée de Damas.
Ils avaient jusqu’à 17 heures, heure locale (15 heures à Paris), pour quitter la région, selon un communiqué de l’armée, qui avait utilisé ce même procédé à Alep la semaine dernière, demandant aux civils de partir avant de bombarder les quartiers tenus par les Kurdes. « Nous appelons la population civile à se tenir éloignée de cette zone », utilisée « comme base de lancement d’opérations terroristes » vers la ville d’Alep et ses environs, a déclaré l’armée vendredi soir, annonçant des frappes.
Les négociations pour mettre en œuvre un accord signé en mars 2025 entre Damas et les Kurdes visant à intégrer leurs institutions civiles et militaires au sein de l’Etat syrien, sont actuellement dans l’impasse.










