La sélection des futurs ministres soumis au détecteur de mensonges sera-t-elle un gage de leur probité alors que les accusations de corruption pleuvent sur le régime de la transition cinq mois après sa prise du pouvoir ? C’est en tout cas sur cette méthode peu commune qu’a décidé de se reposer le président Michaël Randrianirina pour renouveler son gouvernement après le limogeage sans explication du premier ministre Herintsalama Rajaonarivelo et de son équipe, lundi 9 mars.
« Nous avons décidé de passer par un polygraphe pour réaliser les enquêtes de moralité à partir desquelles les candidats seront sélectionnés. Nous avons fait venir l’instrument de l’étranger avec un spécialiste pour le manipuler », a expliqué le colonel en marge de la présentation du rapport annuel de la Cour des comptes organisée cette année à grand renfort de communication, pour preuve de la volonté de faire toute la transparence sur les finances de l’Etat. L’appareil mesure les réactions physiologiques (activité cardiaque, cérébrale, musculaire) en fonction des réponses à un interrogatoire.
« On saura qui est corrompu et qui va nous aider, qui va trahir la lutte des jeunes. On ne cherche pas quelqu’un de propre à 100 % mais à plus de 60 %. De cette manière, Madagascar pourra enfin se développer », a précisé le président en justifiant par cette nouvelle procédure le retard pris dans la désignation du gouvernement. Celle-ci devrait intervenir en début de semaine prochaine.
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