Il n’y a pas que le sol palois qui a tremblé dimanche soir. Celui du MoDem aussi, à l’annonce de la défaite de François Bayrou, battu, par surprise, dans son fief à 344 voix près, lors des élections municipales à Pau. Depuis la cité d’Henri IV, le centriste de 74 ans est apparu affligé d’acter la fin de son mandat d’édile, conquis en 2014 après vingt-cinq ans de lutte. La sidération a, elle, gagné l’ensemble des troupes du parti démocrate-chrétien, qui a enregistré de nombreuses pertes dans les villes.
A l’heure d’un macronisme finissant, le parti pivot du camp présidentiel – dont le poids politique a toujours été proportionnel à son implantation locale et à son nombre d’élus – est plus affaibli que jamais. L’échec de François Bayrou est plus que symbolique : il se retrouve sans aucun mandat, et la question de son avenir personnel, comme celui du Mouvement démocrate, à l’approche de 2027, se rouvre avec d’autant plus d’urgence.
Si la défaite paloise est difficile à accuser, c’est parce qu’elle intervient six mois après l’échec de François Bayrou à la tête du gouvernement. Son aventure de premier ministre s’est soldée par un départ qui a désabusé jusqu’à une partie de ses soutiens, après avoir été marquée par l’affaire de Bétharram et ses errements de méthode. L’allié historique d’Emmanuel Macron avait pourtant attendu huit ans pour franchir le seuil de Matignon, et arraché lui-même sa nomination.
Il vous reste 78.68% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.











