Resté prudemment en retrait depuis le début de l’intervention israélo-américaine en Iran, samedi 28 février, le chancelier allemand, Friedrich Merz, commence à sortir de sa réserve. Le dirigeant conservateur, qui appelait encore les Européens à s’abstenir de « donner des leçons » à leurs deux alliés sur le sujet il y a dix jours, affirme désormais que « chaque jour qui passe soulève de nouvelles questions ». C’est ce qu’il a déclaré lors d’une conférence de presse organisée, mardi 10 mars, à l’occasion de la visite à Berlin du premier ministre tchèque, Andrej Babis.
Alliée historique de Washington, l’Allemagne partage « bon nombre » des objectifs des Etats-Unis et d’Israël, a-t-il rappelé, mais elle s’inquiète aussi du « fait qu’il n’y ait manifestement pas de plan commun pour mettre rapidement un terme à cette guerre de manière convaincante ». Or, « l’Allemagne et l’Europe n’ont aucun intérêt à voir [celle-ci] se prolonger indéfiniment », a-t-il ajouté, soulignant qu’une issue rapide permettrait une « normalisation des marchés du pétrole et de l’énergie ».
Des propos inhabituellement critiques de la part du chancelier allemand, qui jusqu’alors avait plutôt cherché à justifier l’intervention, estimant que les sanctions des Européens n’avaient eu « aucun effet » sur le régime de Téhéran, alors même que son partenaire de coalition, le Parti social-démocrate (SPD), exprimait des réserves sur la légalité de l’attaque au regard du droit international.
Il vous reste 68.16% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.









