Lors des funérailles d’Ornella Vanoni, morte le 21 novembre 2025, Gino Paoli avait fait déposer un bouquet de roses jaunes, en forme de cœur. Le geste témoignait du lien indéfectible que l’auteur-compositeur avait noué avec sa plus fidèle interprète. Il peut se lire, aussi, comme un ultime pardon à son ex-compagne, et plus largement à un pays, l’Italie, qui lui passa tous ses excès. Gino Paoli a rejoint, dans la nuit du 23 au 24 mars, sa vieille amie. Il avait 91 ans.
D’un romantisme parfois joueur, souvent mélancolique, ses chansons font partie de l’inconscient collectif italien : les parents les fredonnent à leurs enfants (La Gatta), les amants se les échangent, ad libitum (Le Cose dell’amore). Par quel prodige cet homme aux airs de loup de mer, voire de matou de gouttière, y est-il parvenu ?
Ses lunettes et sa moustache étaient aussi épaisses que sa voix était fine, comme nimbée de macaia, ce climat maussade dont souffre Gênes à la morte-saison. Car s’il est né à Monfalcone, la ville d’origine de sa mère, en Vénétie julienne, son destin reste indissociable du principal port ligure, dans lequel il a grandi.
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