La marketplace de Shein, où sont vendus les produits des partenaires de la plateforme asiatique, n’a pas été suspendue, comme le réclamait le gouvernement après la découverte de produits illicites, désormais retirés. La cour d’appel de Paris a confirmé, jeudi 19 mars, le jugement en première instance, estimant dans un communiqué que « le dommage qui avait justifié l’action de l’Etat n’existait plus ». Mais également « qu’il n’était justifié ni d’un dommage actuel, ni d’un dommage futur certain », rejetant de fait l’argument de l’Etat qui considère comme systémique le risque que de tels produits se retrouvent sur la plateforme.
La société ISSL, qui gère le site, « avait réagi avec promptitude pour retirer les produits litigieux de la vente et avait mis en place des mesures de contrôle de ses produits et des vendeurs ayant accès à sa marketplace », a encore fait valoir la cour. La justice considère le blocage total de la place de marché « disproportionné » et portant atteinte à la liberté d’entreprendre. Toutefois, elle a jugé « justifié » de « maintenir l’interdiction » – posée par le tribunal judiciaire de Paris en première instance – de vendre de nouveau des produits pornographiques licites pour adultes sans filtre d’âge.
Réaction de Shein après le signalement
L’affaire avait débuté à l’automne 2025, avec le signalement sur la plateforme réservée aux vendeurs tiers de Shein de poupées sexuelles à l’apparence de fillettes mais aussi d’armes de catégorie A et de médicaments interdits.
Shein, fondé en Chine et désormais basé à Singapour, vend sur son site les vêtements de mode ultra-éphémère qui ont fait son succès, mais héberge également des produits commercialisés par de nombreux vendeurs tiers sur sa marketplace.
Après la découverte de ces produits illégaux, Shein avait bloqué spontanément l’ensemble de sa marketplace en France, le temps de faire « un audit complet » et de corriger les « failles », avant de la rouvrir progressivement début 2026.
Des mesures jugées insuffisantes par le gouvernement
Ces corrections immédiates n’avaient pas satisfait le gouvernement français, qui avait demandé à la justice la suspension totale du site de Shein, le temps de garantir que le risque de récidive était nul. Mais le tribunal judiciaire de Paris avait rejeté en décembre cette demande, la jugeant « disproportionnée » au regard du retrait volontaire par le géant asiatique du commerce en ligne des produits incriminés.
Dans sa décision en première instance, la justice avait néanmoins contraint Shein à ne pas relancer la vente de produits pornographiques pour adultes sans la mise en place d’un filtre d’âge efficace. Le gouvernement français, estimant que les risques systémiques de cette plateforme méritaient d’être réexaminés, avait fait appel de la décision.
Toutefois, il a revu ses demandes à la baisse, conscient des faibles chances de voir le site bloqué dans son ensemble : lors de l’audience en appel, le 5 février, il a réclamé la suspension par Shein de sa seule place de marché.











