Les 40 victimes de l’incendie dans la station de ski de Crans-Montana, en Suisse, n’ont pas toutes été autopsiées alors que certaines ont déjà été enterrées, selon un avocat des familles de victimes. « Ce n’est pas normal, car face à des morts violentes cela devrait une opération standard. Cela aurait dû être fait », a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP), vendredi 16 janvier, Me Jean-Luc Addor, qui représente la famille d’un adolescent. Son corps n’a été autopsié que très tardivement et après plusieurs demandes de sa famille.
Ce drame au bar Le Constellation a fait 40 morts, principalement des adolescents et des jeunes adultes, ainsi que 116 blessés, dans cette station de ski réputée du canton du Valais.
Une source proche du dossier a aussi rapporté à l’AFP que des autopsies étaient réclamées par des familles qui veulent connaître les raisons précises de la mort de leur proche. Des enterrements ayant eu lieu, il y a un risque d’exhumation des corps non autopsiés. « Certains ont été carbonisés, d’autres ont été asphyxiés par des vapeurs toxiques », a dit Me Addor.
Dès le 4 janvier, l’avocat a demandé au ministère public du canton du Valais d’ordonner une autopsie du corps. L’inhumation de l’adolescent étant prévue le 14 janvier, l’avocat a relancé le 12 janvier le ministère public qui a finalement ordonné l’autopsie, obligeant la famille à rendre le corps et à reporter ses obsèques. Il a finalement pu être inhumé ce vendredi. En Suisse, les autopsies sont ordonnées par le ministère public.
Le propriétaire du bar en détention provisoire
L’ambassadeur d’Italie à Berne a aussi affirmé qu’aucune des six victimes italiennes n’avait été autopsiée, a rapporté vendredi le quotidien suisse Neue Zürcher Zeitung. En Italie, Me Alessandro Vaccaro, qui représente la famille d’une victime, a dit à l’AFP que « le parquet de Rome a demandé “la mise à disposition des corps” afin de pouvoir procéder à l’autopsie ».
D’après les premiers éléments de l’enquête, le drame a été provoqué par des étincelles de bougies « fontaines » entrées en contact avec une mousse acoustique posée au plafond du sous-sol de l’établissement. Des interrogations portent sur la nature de cette mousse, mais aussi sur la présence d’extincteurs et sur la conformité des voies de sortie du bar.
Une enquête a été ouverte pour homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence, à l’encontre du couple de Français propriétaires du bar. L’homme a été placé en détention provisoire pour trois mois, mais il pourrait être libéré moyennant le versement d’une caution d’un montant de 200 000 francs suisses (environ 215 000 euros), a dit vendredi à l’AFP une source proche du dossier. Un tribunal doit en décider à une date inconnue. Son épouse reste libre, mais fait l’objet de mesures de contrainte.










