Le contraste, évidemment, est brutal. Début février, quand Sofia Andrukhovych a quitté la capitale ukrainienne pour Paris avec sa fille, Maryana, Kiev connaissait « l’un de ses pires hivers », explique-t-elle. « Et, comme toujours, les Russes utilisent le climat pour tenter de nous affaiblir. Nous avons eu beaucoup de jours sans électricité, sans parler des bombardements incessants… » Le soleil perce à travers les vitres du café où on l’a rejointe, place du Châtelet. Elle sourit. Tout est calme, et c’est presque étrange pour elle.
L’écrivaine, traductrice (C. S. Lewis, J. K. Rowling, Kazuo Ishiguro…) et journaliste est venue en France préparer la parution d’Amadoca. L’histoire de Romana et d’Ouliana, son roman sur l’histoire de l’Ukraine, du XXe siècle aux premiers moments de la guerre actuelle. Interviews, rencontres avec le public, promenades… « Il y a beaucoup d’amitié autour de nous, c’est un tel plaisir d’être là », dit-elle doucement. Mais voilà : c’est à Kiev qu’elle a choisi de vivre, elle, la fille de Galicie, la zone la plus occidentale de l’Ukraine, où son père, l’écrivain Iouri Andrukhovych, et sa mère, Nina, habitent toujours ; à Kiev, qu’elle aime et qu’elle n’a jamais voulu abandonner.
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