Des chauffeurs routiers ont manifesté samedi 28 mars sur l’autoroute A7, au sud de Lyon, pour dénoncer la hausse des prix des carburants et demander à l’Etat une aide plus significative que celle annoncée la veille.
Vingt-cinq camions et un bus ont participé à un barrage filtrant au niveau de Chasse-sur-Rhône (Isère), ne laissant qu’une voie de circulation dans le sens Sud-Nord entre 9 heures et 14 heures. Leur action a occasionné de « forts ralentissements », et jusqu’à 9 kilomètres de bouchons, selon Vinci Autoroutes.
Depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, « le prix des carburants ne cesse d’augmenter et depuis des années, les crises se multiplient : nos entreprises sont exsangues, si rien n’est fait elles vont crever », a expliqué à l’Agence France-Presse (AFP) Jean-Christophe Gautheron, responsable régional de l’Organisation des transporteurs routiers européens.
Aide de 50 millions d’euros
Vendredi soir, le gouvernement a annoncé une aide de quelque 50 millions d’euros le mois prochain pour le secteur du transport. La mesure cible les TPE et PME (très petites, petites et moyennes entreprises) qui pourront justifier « de difficultés de trésorerie majeures liées à la crise ». L’aide est équivalente à une aide forfaitaire de 20 centimes par litre pour les entreprises concernées.
« C’est un début, mais ce n’est pas assez », estime M. Gautheron. « Et il nous faut une aide rapide, là il faut prouver nos difficultés avec un expert-comptable », regrette-t-il. « Nous demandons la même aide qu’en 2022 », quand les prix s’étaient envolés au moment de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, « et un encadrement des prix », a-t-il ajouté.
A Châlons-en-Champagne (Marne), quelques dizaines d’agriculteurs ont également manifesté samedi après-midi dans le centre-ville à l’appel de la Coordination rurale, contre la hausse des prix du carburant, selon la préfecture. Ces augmentations entraînent « une hausse des charges et donc de nos coûts de production », sans « possibilité de répercussion sur les prix de vente », souligne Thibaut Limal, président de la Coordination rurale de la Marne. « Les céréales que nous produisons sont achetées au cours mondial, qui s’impose à nous », explique-t-il.
Selon lui, cette situation risque d’avoir des conséquences lourdes pour la profession : « Ces hausses vont nous étrangler financièrement, c’est certain. Certains exploitants sont déjà largement dans le rouge », alerte-t-il. D’autres actions de protestation sont prévues dans les prochains jours, en Auvergne, en Ile-de-France ou encore en Occitanie.














