La police kényane a arrêté un « acteur-clé » présumé d’un réseau qui aurait envoyé plus de 1 000 Kényans en Russie, où nombre d’entre eux ont été enrôlés de force dans l’armée, a-t-elle annoncé dans la nuit du mercredi 25 au jeudi 26 février.
Festus Omwamba, 33 ans, « un homme qui était dans le viseur de la police pour son implication dans la traite d’êtres humains », a été interpellé par des agents de Moyale, ville frontière de l’Ethiopie, selon un communiqué de la Direction des enquêtes criminelles (DCI) kényane. Ce fondateur d’une agence de recrutement, Global Face Human Resources, par laquelle nombre des victimes sont passées, « est un acteur-clé présumé d’un vaste réseau de traite d’êtres humains », a ajouté la DCI sur X. Il est actuellement « en garde à vue et fait l’objet de procédures en vue de sa prochaine comparution devant la justice », poursuit la police kényane.
Plus de 1 000 Kényans ont été enrôlés de force au sein de l’armée russe, a affirmé la semaine dernière le député Kimani Ichung’wah, disant se baser sur un rapport conjoint des services de renseignements et de la DCI. M. Ichung’wah avait expliqué qu’une enquête avait décrit M. Omwamba comme « le cerveau de l’opération basé au Kenya (…), associé à d’autres agents à Moscou ».
Promesse d’emplois bien rémunérés en Russie
Plusieurs médias ont montré récemment comment ces hommes, souvent sans aucun passé militaire, se sont vu promettre depuis le Kenya des emplois civils bien rémunérés en Russie, pour se retrouver, une fois sur place, forcés de signer un contrat avec l’armée russe. Envoyés sur le front en Ukraine, souvent après une très courte formation militaire, nombre d’entre eux ont péri.
L’Agence France-Presse (AFP) s’était entretenue avec quatre Kényans qui avaient pu rentrer chez eux après avoir connu la guerre et la mort dans les rangs russes. Trois avaient été blessés. L’un d’eux s’était rendu en Russie croyant y devenir vendeur ; deux autres, espérant être agents de sécurité ; et le quatrième, sportif de haut niveau.
Les quatre hommes avaient été recrutés par l’agence Global Face Human Resources et avaient dénoncé le rôle de M. Omwamba dans cette affaire, mais aussi celui d’un de ses salariés, Edward Gituku, actuellement poursuivi pour trafic d’êtres humains mais remis en liberté sous caution. L’AFP n’a pu joindre cette agence, qui a déménagé à plusieurs reprises dans Nairobi ces derniers mois. Festus Omwamba avait, de son côté, bloqué les appels de l’AFP.
Le gouvernement russe « n’a jamais été impliqué dans le “recrutement” illégal de citoyens kényans dans les forces armées de la Fédération de Russie », avait réagi le 19 février l’ambassade russe au Kenya.











