De Nairobi à Accra, de plus en plus de gouvernements africains se mobilisent pour tenter d’enrayer le départ de leurs ressortissants vers la Russie, où ils sont enrôlés pour aller combattre en Ukraine.
Jeudi 26 février, un Kényan soupçonné d’avoir contribué à envoyer des centaines d’hommes sur le front via une agence de recrutement a été inculpé de « trafic d’être humains » par la justice de son pays. Deux semaines plus tôt, le chef de la diplomatie kényane avait annoncé son intention de se rendre à Moscou pour mettre un terme à ces enrôlements.
Si le gouvernement russe s’est défendu, par la voix de son ambassadeur à Nairobi, Vsevolod Tkachenko, de toute implication dans ces départs, le sujet prend de l’ampleur depuis plusieurs semaines sur le continent africain. Dans un rapport intitulé « Le business du désespoir », publié le 11 février, l’organisation Inpact a identifié 1 417 Africains engagés sur le front ukrainien aux côtés de l’armée russe. Les autorités de Kiev, elles, avancent le chiffre de 1 780 ressortissants en provenance de 36 pays du continent.
C’est pour obtenir la libération de deux d’entre eux que le ministre des affaires étrangères du Ghana, Samuel Okudzeto Ablakwa, s’est rendu, mercredi 25 février, dans la capitale ukrainienne, une visite rare pour un responsable africain. Il a pu s’entretenir avec le président Volodymyr Zelensky, à qui il a assuré que les deux hommes avaient été « victimes de manipulation, de désinformation » de la part « de réseaux criminels de trafiquants » qui leur promettaient « un travail décent » en Russie. Mais le diplomate est reparti de Kiev sans ses compatriotes.
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