C’est une clause de style relativement rare dans un document judiciaire, une précision qui pose les termes du débat à venir devant le tribunal correctionnel de Bordeaux où comparaîtront, à partir du lundi 2 et jusqu’au 31 mars, François Thierry, ex-numéro 1 de la lutte antidrogue en France, et son informateur Sofiane Hambli, trafiquant d’envergure internationale.
D’après l’ordonnance de renvoi rendue par deux magistrats bordelais, que Le Monde a pu consulter, « il est quasi impossible de faire aboutir des enquêtes sur des trafiquants de stupéfiants de haut niveau sans avoir recours à des informateurs ». Cette nécessité, est-il encore précisé, a beau impliquer « une certaine “souplesse” des policiers et magistrats », celle-ci connaît des « limites ». Or, non seulement « ces limites ont été très largement franchies par Sofiane Hambli et François Thierry », mais encore l’ont-elles été dans « des proportions tout à fait exceptionnelles ».
Voici donc, plus de dix ans après les faits, l’ancien trafiquant de haut vol et l’ex-policier d’élite renvoyés devant la justice, le premier pour – entre autres – trafic de drogue en bande organisée, le second pour des faits de complicité. C’est peu dire que, depuis plus d’une décennie, l’affaire empoisonne la haute hiérarchie policière, au point d’être devenue le symbole des dérives d’une lutte contre le trafic de stupéfiants pourtant érigée en priorité sécuritaire nationale.
Il vous reste 81.76% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.













