Un sourire qui fait illico grimper la température. Une présence immédiatement enveloppante. Quelque chose de paradoxalement doux et tonitruant. Rencontrer Elsa Wolliaston à la terrasse de son café parisien préféré, près de République, ou dans son studio One Step, situé à deux pas, assurait d’un moment de chaleur et de rire. Envers et contre tout, la danseuse, chorégraphe et pédagogue américaine, personnalité pionnière magnétique de la scène du spectacle vivant depuis les années 1980, conservait le cap de sa trajectoire bouillonnante en ouvrant large les bras à la vie.
Elsa Wolliaston est morte le jeudi 12 mars, des suites d’un cancer, à l’hôpital Georges-Pompidou, à Paris. Elle avait 80 ans. Intransigeante et fonceuse, elle naviguait dans un planning chargé qu’elle a tenu jusqu’à la fin. « Nous donnions encore un workshop il y a quelques semaines, glisse le batteur Jean-Yves Colson. Nous avons travaillé en duo depuis 1984, pendant quarante-deux ans. Nous avions une interaction incroyable et elle m’a apporté une grande liberté à travers sa danse. Elle me transfusait son énergie et m’emmenait très loin. Parfois j’oubliais même mon instrument et j’avais la sensation que nous dansions ensemble. »
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