Le président américain, Donald Trump, a remercié le gouvernement iranien, vendredi 16 janvier, d’avoir annulé « toutes les pendaisons prévues » de manifestants, après avoir menacé Téhéran de « sérieuses conséquences » si la répression des manifestations venait à continuer.
« Je respecte grandement le fait que toutes les pendaisons prévues, qui devaient avoir lieu hier [plus de 800 d’entre elles], ont été annulées par les dirigeants de l’Iran. Merci ! », a-t-il écrit sur sa plateforme, Truth Social. « Cela a eu un grand impact », a-t-il ensuite déclaré dans un échange avec la presse à la Maison Blanche.
« Personne ne m’a convaincu. Je me suis convaincu tout seul », a par ailleurs répondu Donald Trump à une journaliste qui lui demandait si des responsables arabes et israéliens l’avaient dissuadé de mener des frappes contre l’Iran.
Le président américain avait multiplié ces dernières semaines les menaces d’intervention, avant d’affirmer mercredi avoir été informé « par des sources très importantes » que « les tueries ont pris fin ». La menace d’une nouvelle action militaire des Etats-Unis contre l’Iran semble ainsi s’éloigner, alors que ses alliés du Golfe sont intervenus auprès de Donald Trump.
La vague de protestation en Iran, qui a débuté il y a près de trois semaines, a été étouffée par une violente répression. Pour la première fois, les autorités ont livré vendredi un chiffre concernant les arrestations : quelque 3 000 personnes ont été interpellées, selon des responsables de la sécurité cités par l’agence de presse iranienne Tasnim, qui évoque « des individus armés » et « des membres d’organisations terroristes ».
La réalité est bien plus noire, selon Iran Human Rights (IHR). Cette ONG basée en Norvège fait désormais état de quelque 20 000 arrestations et au moins 3 428 personnes tuées, des cas vérifiés par elle-même ou par des sources indépendantes. D’autres évaluations donnent plus de 5 000 morts, la coupure d’Internet rendant difficile le travail de vérification pour les ONG et les médias.
Des témoignages « horrifiants »
Pour Mahmood Amiry-Moghaddam, directeur de IHR, les autorités iraniennes ont « commis l’un des crimes les plus graves de notre époque ». Il invoque « des témoignages directs horrifiants » faisant état de « manifestants abattus alors qu’ils tentaient de fuir, de l’utilisation d’armes de guerre et de l’exécution en pleine rue de manifestants blessés ».
« Les massacres perpétrés par les forces de sécurité iraniennes depuis le 8 janvier sont sans précédent dans le pays », estime aussi Lama Fakih, directrice de programme à l’ONG Human Rights Watch. La chaîne d’opposition Iran International, opérant de l’étranger, affirme pour sa part qu’au moins 12 000 personnes ont été tuées, citant des sources gouvernementales et sécuritaires.
Alors que Vladimir Poutine ne s’était pas encore exprimé publiquement sur la situation en Iran, il s’est entretenu vendredi avec le président iranien, qui l’a remercié du soutien de Moscou. La veille, lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies, l’ambassadeur russe Vassili Nebenzia avait reproché aux Etats-unis d’« attiser les tensions et d’alimenter l’hystérie ».
Le Kremlin a annoncé que M. Poutine avait également discuté avec le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou. Ce dernier avait parlé jeudi à Donald Trump, en lui demandant, selon le New York Times, de ne pas intervenir militairement. L’Arabie saoudite, le Qatar et Oman avaient également mis en garde M. Trump contre le risque « de graves répercussions pour la région », selon un haut responsable saoudien interrogé par l’Agence France-Presse.
« Toutes les options restent sur la table côté américain », avait toutefois spécifié jeudi soir la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, précisant que le président américain avait averti Téhéran de « sérieuses conséquences » si la répression du mouvement de contestation continuait.
En 2025, au moins 1 500 condamnés à mort avaient été exécutés en Iran, selon un décompte publié au début de janvier par Iran Human Rights (IHR), qui affirmait qu’il s’agissait du nombre annuel d’exécutions le plus élevé recensé par l’organisation depuis trente-cinq ans.












