FRANCE CULTURE – À LA DEMANDE – PODCAST
A la question de savoir comment définir le portrait radiophonique d’Emily Dickinson (1830-1886) réalisé par Laure Egoroff, on répondrait sans hésiter : dentelle. La réalisatrice tisse et coud différents matériaux, faisant feu de tout bois – les livres lumineux que Dominique Fortier a consacrés à la poétesse seraient alors la trame, les extraits de correspondances et de poèmes, les points et les coutures, et la musique originale d’Anthony Capelli, le fil d’or –, sauf qu’ici rien n’est précieux ni forcément fragile. Ce bel ouvrage est à la fois solidement étayé par les lectures de Laure Egoroff et traversé de vides – à l’image, sans doute, de celle dont on sait si peu.
Alors écoutons. « Aujourd’hui, alors que nous sommes assaillis par des images qui se démultiplient à l’infini, il est stupéfiant de songer que, de celle qui fut l’une des plus grandes poètes de son pays, il n’existe qu’une seule photographie prise à l’âge de ses 16 ans. Sur ce cliché célèbre, elle apparaît mince et pâle (…) Elle n’a pas, elle n’aura jamais de jambes. Pour toujours et à jamais, elle ne sera que ce visage. Mieux, ce masque. Emily Dickinson est un écran blanc, une page vierge. »
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