Il est des classiques dont on ne se lasse jamais. Surtout quand ils sont interprétés de telle manière que l’on est pendu aux lèvres des comédiens, saisi par la capacité d’un texte à faire passer des sentiments que chacun a pu ressentir sans parvenir à les exprimer. C’est le cas de Scènes de la vie conjugale, l’un des chefs-d’œuvre d’Ingmar Bergman (1918-2007), adapté et mis en scène avec justesse par Christophe Perton, avec Romane Bohringer et Stanislas Nordey dans les rôles de Marianne et de Johan, un couple qui croit s’aimer, avant de se détruire puis de renaître autrement.
Sur la scène du Théâtre de la Concorde, à Paris, ce duo aimante. Romane Bohringer dégage une puissance et une humanité bouleversantes, Stanislas Nordey, un mélange de désinvolture et d’arrogance redoutable. Avec eux, le théâtre démontre son pouvoir de questionnement et de proximité. Pour raconter en six chapitres et sur plusieurs années l’évolution de ce couple bourgeois (dix ans de mariage, deux filles, lui, maître de conférences en psychologie, elle, avocate spécialisée dans les problèmes de divorce), Christophe Perton a choisi l’épure pour le décor – quelques estrades noires, un lit, une table – et la vidéo pour nous faire entrer dans le récit.
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