Le « Réel » – ainsi que ses habitués aiment à appeler le Cinéma du réel, la plus grande manifestation consacrée au film documentaire en France – a été historiquement attaché à cette forme particulière qu’est le cinéma direct : son synchrone, caméra légère, absence de commentaire didactique. Un demi-siècle a toutefois coulé sous les ponts depuis la création de la manifestation. Le festival, à l’instar du documentaire, s’est ouvert à des formes plus hybrides, il ne craint pas par ailleurs depuis quelques années, sous la houlette de Catherine Bizern, sa déléguée générale et directrice artistique, de se revendiquer politiquement dans une société qui, elle-même, se polarise à l’extrême.
On en aura encore une preuve cette année avec des rétrospectives consacrées à l’« écoféminisme », au (x) « front(s) populaire(s) », ou « Palestine : formes du refus », vaste anthologie filmée des luttes palestiniennes. Un spectre plus large se trouve dans les travées de la compétition. On en ramène, comme de commissions, trois films remarquables, tour à tour politique, mythologique, intimiste.
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