Prisonnier des cordes à linge au deuxième étage de la tour Bel Horizon, à Marseille, un gros ours en peluche semble dépité d’avoir échoué là. Au quatrième étage de la façade ocre et rapiécée, un store vert lutte contre les bourrasques. A la même fenêtre, suspendus à un câble, deux paires de baskets, des tee-shirts noirs et roses, ainsi qu’une cohorte de culottes affrontent le mistral-baston de janvier.
Personne ne délivrera ces vêtements du vent. Le soir de Noël 2025, la mère de famille de cet appartement est tombée dans le vide, a rebondi contre les volets désormais tordus des niveaux inférieurs, pour finir au sol sous « une bâche blanche », se souvient Josselin, un agent de sécurité de 45 ans venu ce soir-là aider sa mère malade dans la tour où il a grandi. Stupéfié par les balises mises en place par la police et par la présence des camions de pompiers, il a tenté de protéger son fils de 2 ans, qu’il tenait par la main, de cette scène.
Dans l’escalier de l’immeuble, à côté du logement du quatrième, donc, des inscriptions blanches sur les murs jaunes : « Pas la nuit fils de pute » et « Ferme les fenêtres, dernier avertissement après je casse tout » menacent le bruyant Bilal, l’homme qui vivait là. Sur la porte d’entrée, du gros ruban adhésif rouge portant les mentions « police nationale » et « scellé ne pas ouvrir » maintient une étiquette cartonnée à plusieurs cases. Nature de l’infraction : meurtre par conjoint. Affaire : contre Bilal B. Contenu du scellé : appartement de la victime. « Traces de lutte dans l’appartement », « état d’ébriété de l’auteur, déjà connu pour violences ». Les institutions judiciaires marseillaises ne diront pas grand-chose de plus sur ce féminicide présumé, deuxième meurtre survenu en un mois à Bel Horizon, après la mort d’un jeune de 18 ans lors d’un règlement de comptes fin novembre 2025.
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