Depuis l’arrivée au pouvoir de l’ultraconservateur José Antonio Kast, le 11 mars, les associations chiliennes de défense des droits humains craignaient qu’il n’utilise l’arme financière pour démanteler les politiques de mémoire sur les crimes de la dictature (1973-1990). Un premier pas a été franchi en ce sens dimanche 29 mars, avec l’annonce de la révocation de l’expropriation de l’ancienne Colonia Dignidad.
Aujourd’hui nommée « Villa Baviera », cette enclave a été fondée en 1961 par Paul Schaefer, ancien pasteur luthérien et pédocriminel allemand né en 1921. Véritable Etat dans l’Etat, elle a été le théâtre d’innombrables sévices sexuels infligés à des enfants. Sous le régime d’Augusto Pinochet, elle est devenue un lieu de tortures, d’assassinats et de disparitions de cadavres.
En juillet 2025, le gouvernement du président Gabriel Boric (gauche) avait signé un décret pour exproprier 117 hectares – sur les 16 000 que compte le domaine – afin d’y créer un lieu de mémoire. Cette décision faisait suite au travail d’une commission mixte Chili-Allemagne née en 2017, après que les deux gouvernements eurent reconnu leur responsabilité dans les violations des droits humains commises à Colonia Dignidad.
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