De 5 000 à 6 000 suppressions de postes sur les 87 000 que compte l’entreprise : l’annonce faite le 11 février par le groupe néerlandais Heineken, deuxième producteur mondial, pour réaliser « des économies importantes » en raison de « conditions de marché difficiles », secoue tous les acteurs du marché. Le secteur pèse pourtant plus de 880 milliards de dollars (750 milliards d’euros) de chiffre d’affaires au niveau mondial, dont 33 % sont réalisés en Europe, où quelque 11 000 brasseries emploient 2,6 millions de personnes. En France, la filière brassicole enregistrait, en 2024, un chiffre d’affaires de 15 milliards d’euros et employait 130 500 personnes.
Pour justifier les coupes dans les effectifs, les dirigeants de Heineken ont invoqué la réduction de la demande pour leurs produits (− 4,1 % en Europe et − 3,5 % aux Etats-Unis en 2025, en chute continue depuis 2019). La consommation baisse, les coûts et les contraintes augmentent, explique l’entreprise. Si la demande diminue effectivement en Europe, comme le démontre l’érosion continue de la production (38,7 milliards de litres produits en 2024, contre 41,3 milliards en 2019), elle devrait toutefois continuer à croître au niveau mondial compte tenu de la demande, notamment en Chine, en Inde, au Brésil et en Australie. Selon les prévisions du site américain Fortune Business Insights, le chiffre d’affaires du marché mondial atteindrait même 1 276 milliards de dollars (1 082 milliards d’euros environ), d’ici à 2034.
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