Le parti du chancelier allemand Friedrich Merz est arrivé en tête, dimanche 22 mars, des élections régionales en Rhénanie-Palatinat, devançant les sociaux-démocrates qui enregistrent une déconvenue dans un fief. L’extrême droite s’oriente, de son côté, vers un score record, selon de premières estimations.
Ce scrutin plaçait en concurrence directe les deux partenaires du gouvernement fédéral : les conservateurs de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) présidée par M. Merz, qui décrocheraient quelque 30 % des voix, et le SPD du vice-chancelier Lars Klingbeil (27 %), d’après les premières estimations des deux chaînes de télévision publique ARD et ZDF publiées après 18 heures, à la fermeture des bureaux de vote.
Région frontalière de la France, la Rhénanie-Palatinat était historiquement un bastion social-démocrate, dirigé par le SPD depuis trente-cinq ans. Le ministre-président sortant (chef du gouvernement régional) devrait devoir céder sa place au candidat de la CDU, Gordon Schneider, 50 ans. Celui-ci s’est empressé de saluer sa « victoire », affirmant vouloir instaurer du nouveau pour l’éducation, la sécurité, la santé et la politique économique du Land.
La formation d’extrême droite Alternative für Deutschland (AfD) est estimée, elle, à 20 %, un niveau record pour une région de l’ouest de l’Allemagne. La codirigeante du parti, Alice Weidel, a salué sur X un « grand succès ».
Pour le chancelier Merz, la victoire de son parti lui donne un peu d’air avant le calendrier électoral chargé de l’automne, dans l’est du pays, où l’AfD peut prétendre à la victoire dans deux régions et même à un bon score à Berlin.
Le dirigeant conservateur fait face à une nette érosion de sa popularité et son parti a perdu le scrutin au Bade-Wurtemberg face aux Verts. Et cela alors que les conservateurs ont longtemps cru que la victoire leur était acquise.
Côté social-démocrate, ce revers constitue une nouvelle gifle, après la débâcle enregistrée au Bade-Wurtemberg, où le SPD a chuté à un niveau historiquement bas (5,5 %). Le SPD avait nettement réduit l’écart ces derniers mois après avoir longtemps été distancé, sans réussir à dépasser la CDU.
Le parti d’extrême droite AfD s’est imposé comme troisième force politique avec environ 20 % des voix, contre 8,3 % en 2021. Mais une coalition aussi bien à l’échelle régionale que nationale entre les deux formations est exclue, en raison de la logique du « pare-feu » prônée par l’essentiel de la classe politique allemande qui refuse toute coopération avec l’extrême droite.









