La banque Edmond de Rothschild a été perquisitionnée, vendredi, à Paris, dans le cadre d’une enquête financière liée aux dossiers Epstein, visant notamment l’un de ses anciens salariés, le diplomate français Fabrice Aidan, a annoncé, mardi 24 mars, le Parquet national financier (PNF) dans un communiqué.
« L’enquête fait suite à un signalement en provenance du ministère de l’europe et des affaires étrangères adressé au parquet de Paris le 16 février 2026, qui s’est dessaisi au profit du parquet national financier (PNF) », a précisé le PNF. « Elle fait suite aux révélations publiées dans les “Epstein Files” et aux révélations journalistiques qui s’en sont suivies en France. »
Les investigations ont été confiées l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF). Elles portent « notamment » sur les « chefs de corruption passive d’agent public étranger et complicité de ce délit, visant notamment Fabrice Aidan », a confirmé dans son communiqué le PNF.
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Fabrice Aidan entendu fin février par l’OCLCIFF
Le diplomate Fabrice Aidan, maintes fois cité dans les dossiers liés au criminel sexuel américain Jeffrey Epstein, a travaillé chez Edmond de Rothschild de 2014 à 2016 avant de rejoindre le groupe énergétique Engie, qui a mis fin à ses fonctions mi-mars.
Dans le cadre des investigations financières, l’OCLCIFF a entendu Fabrice Aidan fin février, sous le statut de l’audition libre, a dit une source proche du dossier à l’Agence France-Presse (AFP). Son avocate, Jade Dousselin, n’a pas répondu aux sollicitations de l’AFP.
Selon les documents consultés par l’AFP, le nom de Fabrice Aidan apparaît plus de 200 fois dans des échanges avec le financier et pédocriminel américain, mort en prison en 2019, dont les premiers remontent à 2010, alors qu’il travaillait aux Nations unies, détaché par la France. Selon Mediapart et Radio France, le diplomate français a fait bénéficier Jeffrey Epstein « d’informations diplomatiques, de services ou de ses réseaux à l’international ».
D’autres ex-salariés de la banque cités dans les dossiers Epstein
L’enquête visant Fabrice Aidan fait suite à un signalement du ministre des affaires étrangères Jean-Noël Barrot, adressé le 16 février au parquet de Paris, et dont s’est finalement saisi le PNF. Le ministre s’était dit « effaré » et « indigné » par les révélations mettant en cause le diplomate français. Outre le signalement à la justice, il avait diligenté une enquête interne et lancé une procédure disciplinaire. Jean-Noël Barrot avait également dit en février avoir appris que Fabrice Aidan avait été visé par une enquête américaine pour consultation d’images pédopornographiques, sans avoir été inquiété au ministère.
La défense de Fabrice Aidan avait alors réagi, assurant qu’il n’y « a jamais eu la moindre consultation de sites à caractère pédopornographique ». « Le FBI a déjà enquêté sans qu’aucune poursuite n’ait jamais été engagée et les investigations menées en France sont arrivées à la même conclusion », avait insisté son avocate, Me Dousselin.
D’autres anciens salariés de la banque Edmond de Rothschild sont cités dans les dossiers Epstein. A l’instar d’Olivier Colom, qui fut cadre dirigeant de la banque. Dans des échanges entre 2013 et 2018, consultés par l’AFP, cet ancien conseiller diplomatique du président Nicolas Sarkozy (2007-2012) sollicite de nombreuses fois Jeffrey Epstein pour de l’entregent, et partage avec lui une intimité aux relents discriminatoires, sexistes et racistes.













