Rebondissement dans l’affaire des mercenaires colombiens. Djamael M., 26 ans, policier en fonction dans la région parisienne, a été mis en examen et écroué jeudi 19 mars, pour association de malfaiteurs et corruption passive, par les juges de la juridiction interrégionale spécialisée de Lyon. Le policier est notamment suspecté d’avoir assisté le puissant réseau de narcotrafiquants de la région lyonnaise, dont le chef présumé est détenu à Bogota, en Colombie. Selon les enquêteurs, cette organisation a recruté des tueurs à gages colombiens, suspectés d’une série d’expéditions punitives.
En poste dans le service de garde et de transfert de la sous-direction de la lutte contre l’immigration irrégulière, le fonctionnaire est soupçonné d’avoir fourni des renseignements très précis à ce réseau criminel hors norme, en puisant sans vergogne dans les fichiers policiers. Djamael M. est soupçonné d’avoir notamment transmis les adresses et même la photo de deux individus ciblés par les commandos colombiens, selon les investigations des enquêteurs de la division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS) de Lyon.
Le fonctionnaire a été interpellé en flagrant délit, le 15 mars près de la gare de la Part-Dieu, juste après une brève rencontre avec une intermédiaire, elle aussi interpellée et mise en examen. Il était en possession de 2 000 euros en espèces, emballés dans un film cellophane.
Après avoir invoqué « un quiproquo » au cours de ses interrogatoires en garde à vue, le policier a fini par reconnaître avoir transgressé sa fonction, tout en affirmant qu’il ne connaissait ni les commanditaires, ni la finalité des renseignements transmis. Il a admis avoir consulté 50 à 60 fiches par mois pour un gain de 7 000 euros, récupérés lors de furtifs rendez-vous près de la gare de la Part-Dieu. Les enquêteurs estiment que sa dérive est beaucoup plus importante, et lui aurait rapporté un bénéfice de l’ordre de 20 000 euros en moins d’un an.
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