Deux coulées de lave expulsées par le piton de la Fournaise, volcan en éruption depuis un mois à La Réunion, ont coupé la route nationale reliant le sud à l’est de l’île, une première en près de vingt ans, a déclaré vendredi 13 mars la préfecture. Un premier bras de lave a traversé la RN2 à 8 heures, heure locale (5 heures à Paris) « sur une longueur de 15 mètres et une hauteur de 1,5 mètre », précisent les services de l’Etat dans ce département français de l’océan Indien sur les réseaux sociaux.
Une seconde coulée a coupé la route à 9 h 27 (6 h 27 à Paris). « Ce front [de coulée] est actuellement (…) à 670 mètres de l’océan », précise l’Observatoire volcanologique du piton de la Fournaise sur sa page Facebook. La traversée de la route par la lave ne s’était plus produite depuis 2007. L’événement a lieu dans une zone totalement inhabitée, sans danger pour les personnes et les biens.
Mais le phénomène a un impact important sur la circulation entre l’est et le sud de l’île. Tout trajet direct entre les communes rurales de Saint-Philippe, au sud, et de Sainte-Rose, à l’est, est impossible. La seule possibilité pour rallier ces deux villages, distants de 32 kilomètres, est de faire le tour complet de l’île, faisant passer le trajet habituel de trente minutes à deux heures et demie.
La lave menaçait de traverser l’axe de circulation depuis jeudi. Par mesure de sécurité, le préfet de La Réunion avait ordonné la fermeture, dès 15 heures jeudi, de la portion de la RN2, aussi nommée « route des laves », située dans le secteur de la coulée. Seuls les piétons et les cyclistes sont autorisés à franchir le barrage arrêtant la circulation des voitures.
Depuis l’annonce d’une possible traversée de la route par la lave, de nombreuses personnes, habitants de l’île et touristes, ont commencé à se rendre à proximité du site de la coulée.
Depuis 1977 et en comptant l’événement de vendredi, la lave a traversé la RN2 à sept reprises. L’épisode de 1977 a marqué l’histoire et la mémoire collective de La Réunion : une coulée de lave s’était arrêtée aux portes de l’église de Sainte-Rose. Elle s’était séparée en deux bras qui avaient coulé le long de l’édifice religieux en l’épargnant.
Depuis, l’église a été rebaptisée Notre-Dame des laves. Elle est devenue un des hauts lieux touristiques de l’est de l’île. Le piton de la Fournaise est entré en éruption le 13 février, pour la seconde fois de l’année.













