Massif montagneux cisaillé de fjords, aux confins de la péninsule Arabique, Musandam est à la fois un bout et un centre du monde. Ce petit territoire omanais, enclavé au sein des Emirats arabes unis, surplombe le détroit d’Ormuz, le couloir maritime par où transite, en temps ordinaire, un cinquième de la production de pétrole mondiale.
Mais depuis un mois, au lieu d’être aux premières loges de ce fret hautement stratégique, Musandam trône sur une mer étale, qu’aucun tanker, ou presque, ne vient troubler. La vingtaine de navires attaqués par l’Iran, en représailles aux bombardements américano-israéliens sur son territoire, ont pétrifié le trafic.
Selon le Lloyd’s, géant de l’assurance maritime britannique, seulement 150 bateaux ont emprunté ce passage depuis le 1er mars, l’équivalent d’une journée de navigation avant la guerre. La station-radar, perchée au sommet de Musandam, qui aidait à réguler le ballet des pétroliers dans ce goulet large d’à peine 40 kilomètres, sert désormais à repérer les équipages en détresse, touchés par un drone iranien.
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