Jour après jour, ils ont chroniqué sur les réseaux sociaux leur progression dans l’endroit le plus reculé et inhospitalier de la planète. Comment s’équiper par – 50 °C en ressenti ? Trouver de l’eau, cuisiner, avancer lorsque le vent tombe ou, au contraire, lorsque les rafales deviennent trop violentes ? Pendant quatre-vingts jours, entre novembre 2025 et janvier 2026, la glaciologue Heïdi Sevestre et l’aventurier Matthieu Tordeur ont parcouru 4 000 kilomètres à travers l’Antarctique en kite-ski, tractés par une voile. Une première traversée française de l’intérieur du Continent blanc par ce moyen de locomotion.
Mais les deux explorateurs refusent de réduire l’expédition à un défi sportif. « Le vrai challenge, c’était de faire de la science en plus », raconte Matthieu Tordeur, qui avait déjà atteint seul le pôle Sud, en janvier 2019. Le binôme a embarqué deux radars destinés à cartographier les glaces anciennes afin de mieux comprendre la réaction de la calotte glaciaire face au changement climatique.
A l’image d’Under Antarctica, les expéditions d’« écoexplorateurs » se multiplient toujours plus loin aux pôles, dans les abysses ou dans les airs. Leur credo : mêler aventure, sport et science. L’alpiniste franco-suisse Sophie Lavaud, qui a gravi les 14 sommets de plus de 8 000 mètres, mène ainsi un programme pour établir la première base mondiale d’ADN environnemental sur six glaciers.
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