Quel est le coût des dégâts dus aux fortes chaleurs, aux sécheresses ou à certaines tempêtes causées par la crise climatique ? La question, longtemps théorique, prend une dimension très concrète dans une étude publiée dans Nature, mercredi 25 mars, qui attribue des dommages économiques précis aux émissions de gaz à effet de serre, qu’elles proviennent d’un Etat, d’une entreprise ou d’un individu. Ces résultats dessinent une cartographie vertigineuse de la responsabilité climatique.
« La communauté internationale s’est toujours refusée à définir formellement le concept des pertes et dommages ou à tenter d’estimer systématiquement quelles émissions causaient des dommages dans quels pays. Notre objectif était de combler cette lacune », explique Marshall Burke, premier auteur de l’étude et professeur à l’université Stanford (Californie). Les pertes et dommages se réfèrent aux dégâts irréversibles du changement climatique, lorsque les mesures de réduction des émissions ou d’adaptation ont échoué.
Les montants atteignent des niveaux colossaux. Les émissions américaines des trente dernières années ont déjà causé 10 200 milliards de dollars (8 854 milliards d’euros) de pertes économiques, celles de la Chine et de l’Union européenne respectivement 8 700 milliards et 6 400 milliards. Mais ces chiffres ne disent qu’une partie de l’histoire. L’étude montre que les dommages futurs liés à ces émissions passées seront bien plus élevés : tant que le CO2 reste dans l’atmosphère, pendant des centaines d’années, il continue de produire des effets.
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