Le 20 février, la chaîne W9 diffuse, trois semaines avant le premier tour des élections municipales, son émission « Enquête d’action », dans laquelle ses caméras filment le quotidien des équipages de police du commissariat de Montargis. Rien de bien spectaculaire, malgré le montage et la voix off qui tentent de donner un tour dramatique aux faits : un dealer interpellé avec des munitions d’origine inconnue, un squatteur qui s’est installé de force chez un retraité, des différends routiers, une tentative de suicide, un vol de téléphone, des violences conjugales, un vieillard égaré à pied sur la bande d’arrêt d’urgence d’une voie rapide, un conducteur sans assurance et sous stupéfiants, etc.
Le quotidien d’un commissariat lambda. Pour pimenter le tout, l’émission rappelle les émeutes de juin 2023 consécutives au meurtre de Nahel, à Nanterre, par un policier, en diffusant des images d’immeubles en feu à Montargis (Loiret). Assez pour raviver des souvenirs douloureux et relancer le débat sur l’insécurité, un sujet en tête des thématiques de campagne du Rassemblement national (RN), dont le candidat a remporté, pour la première fois, la mairie, le 22 mars.
Ici, ces émeutes ont laissé des traces. La nuit du 29 au 30 juin 2023, quelque 200 jeunes, dont nombre de mineurs, venus des cités environnantes et rameutés sur les réseaux sociaux, ont dévasté les deux artères commerçantes de la ville, la rue Dorée et celle du Général-Leclerc. La police nationale, en sous-effectifs et occupée à protéger le commissariat, la mairie et la sous-préfecture, est débordée ; la police municipale, non armée, bat en retraite. Les jeunes en profitent pour saccager 116 commerces et en piller plusieurs. D’autres sont incendiés volontairement : trois bâtiments sont touchés, deux d’entre eux, dont une pharmacie, devront être abattus pour éviter qu’ils ne s’écroulent.
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