Le verdict est tombé : le Chilien Nicolas Zepeda a été condamné jeudi 26 mars en appel à la prison à perpétuité pour l’assassinat, il y a près de dix ans, de son ex-petite amie japonaise Narumi Kurosaki, qui étudiait à Besançon.
La cour d’assises du Rhône à Lyon a été convaincue « au-delà de tout doute raisonnable » qu’il a tué avec préméditation Narumi Kurosaki et « fait disparaître son corps », a lu son président, Eric Chalbos, en prononçant le verdict. Le magistrat a situé l’assassinat dans la nuit du 4 au 5 décembre 2016 « par suffocation », probablement « par strangulation ou étouffement », a-t-il poursuivi.
L’assassinat a eu lieu « dans la chambre 106 » de la résidence universitaire où vivait Narumi Kurosaki. Il a ensuite « eu le temps de l’emporter dans la valise de sa victime pour la faire disparaître possiblement dans une forêt », a ajouté jeudi Eric Chalbos.
Nicolas Zepeda, 35 ans, avait déjà été condamné à vingt-huit ans de prison en 2022, puis à la même peine en appel en 2023, mais la Cour de cassation avait annulé ce verdict pour un vice de procédure. La peine retenue est plus sévère que les réquisitions de l’avocat général, qui avait demandé mercredi aux jurés de le condamner à trente ans de réclusion, et que les peines retenues contre lui lors des deux précédents procès.
« Narcissique », « possessif » à l’excès, « archétype du macho »
Le Chilien, extradé de son pays en 2020 et en détention depuis, a toujours clamé son innocence. « Je ne l’ai pas tuée, je l’aimais profondément », disait-il encore mercredi. Confronté à quantité d’indices confondants, il avait toutefois reconnu à la barre avoir menti et changé de récit à de nombreuses reprises au cours des dix dernières années.
Reprenant les expertises psychologiques, l’avocat général Vincent Auger avait dressé le portrait d’un homme « narcissique », « possessif » à l’excès, « archétype du macho » qui « fliquait la vie quotidienne » de son ex depuis le Chili. Ils avaient entamé une relation amoureuse au Japon mais « il n’a pas supporté qu’elle le laisse pour poursuivre ses études en France », puis qu’elle y « tombe amoureuse » d’un étudiant du même campus, selon M. Auger.












