Avec leurs couronnes de tresses, telle celle que portait Ioulia Timochenko lorsqu’elle était l’égérie de la « révolution orange », elles apparaissent en princesses dans la chapelle de la Visitation, merveille baroque ornée de peintures murales du couvent Sainte-Marie-d’en-haut, qui abrite aujourd’hui le Musée dauphinois, à Grenoble. Ou en mariées, si l’on retient le blanc scintillant des robes et diadèmes, des boucles d’oreilles et des colliers, des bracelets et des bottines.
Mais pour le bling-bling, on repassera : venues de Lviv, la grande ville de l’ouest de l’Ukraine, à l’occasion du festival Détours de Babel, qui se tient en Isère jusqu’au 5 avril, Mariia Oneshchak et Natalia Rybka-Parkhomenko, qui forment le duo Kurbasy, imposent aussitôt le silence en ce lieu sacré avec la beauté, profonde et poignante, de leurs voix elles aussi tressées.
Loin de la ligne de front, figée depuis l’agression russe de février 2022, le seul drone que l’on entend en ce dimanche 22 mars est le bourdon (drone en anglais) délivré par le soufflet qu’actionne manuellement Mariia Oneshchak pour accompagner le chant. Un accord continu émis par une shruti-box, mallette en bois utilisée dans la musique indienne. Sa propriétaire en a fait l’acquisition pendant la pandémie de Covid-19 pour l’intégrer à un instrumentarium comprenant également bols tibétains, clochettes et carillons pascaux, percussions manuelles.
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