L’AVIS DU « MONDE » – À VOIR
Pays d’Amérique du Sud de taille et de population modestes (7 millions d’habitants), enclavé entre deux géants (le Brésil et l’Argentine), le Paraguay ne mobilise pas spécialement l’attention générale, ni celle, plus particulièrement, des cinéphiles eu égard à la rareté de son cinéma. La sortie de Derrière les drapeaux, le soleil, documentaire de montage de Juanjo Pereira, permettra de se familiariser davantage avec l’histoire du pays. Celui-ci est centré autour de la « gouvernance » d’Alfredo Stroessner, commandant en chef des armées et dictateur qui aura pu se vanter d’avoir eu la carrière la plus longue (1954-1989) et l’une des plus violentes d’Amérique latine.
Né en 1912 d’un père allemand et d’une mère paraguayenne, il se hisse au sommet de l’Etat à l’occasion d’un coup d’Etat, qui le voit naturellement renverser un président, Federico Chaves, qu’il avait précédemment aidé à prendre le pouvoir dans un climat de guerre civile. Soutenu par les Etats-Unis, Alfredo Stroessner installe au Paraguay une démocratie fantoche, phagocytant à son seul avantage le puissant Parti Colorado (toujours au pouvoir), brisant l’opposition, la presse, l’Eglise et les ligues agraires, instaurant une corruption généralisée, finissant par se faire élire président à vie, non sans avoir donné asile, soit dit en passant, à quelques SS de qualité, dont l’illustre docteur Josef Mengele, expérimentateur en chef du camp d’Auschwitz, honneur du corps médical comme Stroessner le fut du corps politique.
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