Les mots effrayants sont lâchés. « Choc énergétique », « choc pétrolier ». Sébastien Lecornu et son ministre de l’économie, Roland Lescure, n’ont pas hésité à utiliser ces formules marquantes, mardi 24 mars, devant les députés. Dans ce genre de cas, les gouvernants recourent souvent à des euphémismes pour ne pas réveiller chez les citoyens électeurs le souvenir traumatisant du double choc de 1973 et 1979, qui sonna le glas des « trente glorieuses ». Mardi, les deux hommes ont choisi la tactique inverse. « C’est un nouveau choc pétrolier », a dit et répété Roland Lescure. « Malheureusement, ça va nous coûter », a-t-il ajouté. Une sorte d’opération vérité, qui ne débouche cependant sur aucune mesure gouvernementale forte. A cela, une raison simple : les caisses sont vides.
Vingt-cinq jours après le début de la guerre israélo-américaine en Iran, qui a fait bondir les cours du pétrole de 60 % et ceux du gaz de 70 %, parler de simple flambée des prix devenait difficilement tenable. « L’hypothèse d’une crise passagère, dont les conséquences économiques s’effaceraient avec la fin des bombardements, n’est malheureusement désormais plus d’actualité », a reconnu Roland Lescure devant la commission des finances.
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