Gert Vercauteren est le directeur de l’Organe de coordination pour l’analyse de la menace (OCAM), qui centralise toutes les informations relatives au terrorisme, à la radicalisation et à l’extrémisme en Belgique. Dix après les attentats djihadistes de Bruxelles, il évalue les nouveaux risques auxquels sont confrontés les services.
Des attaques de lieux liés au judaïsme ont eu cours récemment à Liège, Rotterdam, Amsterdam, Londres et, dans la nuit du 23 au 24 mars, à Anvers. Redoutez-vous une multiplication de tels actes ?
Les enquêtes sur ces événements sont en cours, mais on peut penser que des cellules pro-iraniennes ont voulu démontrer leur capacité d’action. Notre niveau de vigilance est élevé, compte tenu notamment des appels de Téhéran à frapper les intérêts israéliens et américains dans le monde. L’Iran a déjà montré qu’il pouvait se livrer à des actes d’intimidation, viser des opposants ou agir directement contre des pays occidentaux. La différence est que, cette fois, le régime entend clairement indiquer qu’il est l’instigateur des opérations qui sont menées.
Le premier ministre belge, Bart De Wever, a parlé de « cellules dormantes » qui pourraient être réveillées et les récents attentats ont été revendiqués, selon un mode identique, par un « Mouvement islamique des croyants vertueux ». Etait-il identifié auparavant ?
Non, il s’agit vraisemblablement d’un groupe ad hoc, créé pour l’occasion et pour afficher ostensiblement ses liens avec l’Iran. Il est trop tôt pour déterminer l’ampleur exacte de la menace, que nous analysons en lien étroit avec nos collègues européens. La police, les services de renseignement et la justice échangent, eux, des informations d’ordre opérationnel. Certains éléments laissent à penser que des formes de ce que l’on appelle des « crimes comme service » pourraient jouer un rôle dans l’organisation ou la facilitation de ces attaques. A savoir que des groupes criminels sont utilisés à la demande, généralement par des réseaux clandestins. On a déjà observé cela par le passé, aux Pays-Bas par exemple, avec un recours au réseau criminel de la Mocro Maffia.
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