« S’il n’y avait pas eu de vidéos, on ne m’aurait jamais cru », lâche Flavel, entre deux silences. Ce père de famille de 35 ans, aussi connu comme artiste, raconte les violences qu’il a subies par des agents de police de la brigade anticriminalité (BAC) la nuit du 16 mars à Noisiel, en Seine-et-Marne. Toute la scène a été filmée par des riverains, par plusieurs angles de vues.
Les vidéos montrent les agents de police invectiver les passants, criant : « Vous voulez jouer ? On va vous enculer. » Puis, on les voit frapper Flavel, venu manger dans un restaurant de la rue, et une grenade lacrymogène explose près de son visage.
Ce soir-là, les policiers de la BAC interviennent après que le poste de police municipal a été visé par des feux d’artifice par une trentaine de personnes. Ce regroupement fait suite à trois interpellations plus tôt.
A l’issue de cette soirée, sept personnes sont interpellées et trois enquêtes vont être ouvertes, selon le communiqué du procureur de la République de Meaux. L’une d’entre elles a été confiée à l’IGPN, la police des polices. De son côté, Flavel a déposé plainte pour violences volontaires, dénonciation calomnieuse, faux en écriture publique et agression sexuelle. « Physiquement et mentalement, ça ne va pas du tout. La nuit je n’arrive pas à dormir, j’ai des flashs », confie-t-il au Monde.










