Derrière le bureau d’Abderrazak El Albani, à l’université de Poitiers, sont affichées deux couvertures en très grand format des deux revues scientifiques les plus prestigieuses au monde. Sur celle de Nature, datée du 1er juillet 2010, figurent plusieurs vues du plus ancien organisme pluricellulaire connu, vieux de 2,1 milliards d’années, qu’il a découvert au Gabon. Sur la une de Science, du 28 juin 2024, sont mis en scène des organismes marins disparus, des trilobites vieux de 515 millions d’années, trouvés « sur le bord de la route » au Maroc et incroyablement bien préservés.
Peu de chercheurs peuvent se vanter de figurer dans ces vitrines de la recherche mondiale. Abderrazak El Albani l’a fait deux fois. Le spécimen en une de Nature, une modeste forme arrondie de 5 centimètres de long « qui ne paie pas de mine », extraite d’une roche sédimentaire, a changé sa vie. Il le présente sans cérémonie, dans l’une des salles où sont entassés, un peu pêle-mêle, « mais parfaitement référencés », les trésors de ses expéditions.
Au creux de notre main, voici le représentant iconique des formes de vie complexes les plus anciennes jamais décrites ! Hyperactif, de son propre aveu, « Abder », comme l’appellent ses proches, ne laisse pas s’installer le vertige face aux vestiges qui ont traversé les temps géologiques. Il ne sacralise pas ce Gabonionta, pas plus que les différents morphotypes qu’il a découverts au Gabon. « Il y en a ici des centaines », relativise-t-il.
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