Pour l’instant, les intervenants des marchés financiers ne semblent pas anticiper qu’une crise financière puisse frapper les Etats-Unis. Ils ne voient pas venir une crise sur le marché des changes : le dollar est, par rapport à l’euro, un peu plus faible qu’entre 2023 et 2024 (d’environ 3 %), mais il est à peu près au niveau observé de 2016 à 2022. Ils ne voient pas non plus poindre une crise de la dette publique : autour de 4,3 %, le taux d’intérêt à dix ans des obligations du Trésor américain reste à un niveau inférieur à la moyenne observée depuis 2023. Enfin, ils ne semblent pas craindre une crise boursière : malgré une volatilité assez forte, les indices boursiers restent au même niveau qu’au début de l’année 2026 avant le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient. Pourtant, la probabilité pour qu’une de ces trois crises survienne, voire les trois, n’est pas nulle.
Une crise de change peut survenir si la demande mondiale de dollar recule. Bien sûr, la demande pour le dollar est forte et stable. La devise américaine garde un rôle central dans la facturation du commerce international (entre 75 % et 80 % des échanges hors Amériques et hors Union européenne sont libellés en dollars) et dans les émissions internationales de dettes et de créances bancaires (plus de 60 %). L’utilisation du dollar comme monnaie internationale continue de progresser.
Mais le dollar recule continûment dans les réserves de change des banques centrales, notamment en Chine, en Inde, au Brésil ou en Russie. Il représente aujourd’hui 56 % de ces réserves, contre 66 % en 2015. Le risque est de voir cette érosion s’accélérer. Trois facteurs peuvent y contribuer : une réaction aux politiques agressives de l’administration Trump ; une forte baisse des taux d’intérêt à court terme de la Réserve fédérale, souhaitée par celui que Donald Trump souhaiterait pour futur président de la Fed Kevin Warsh ; un arbitrage défavorable au dollar de la part des grands investisseurs, qui pourraient, par exemple, être attirés par la remontée des taux d’intérêt – à court comme à long terme – d’autres devises, comme le yen.
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