Un procès pour assassinat en relation avec une entreprise terroriste est requis contre Franck Elong Abé pour l’agression mortelle du militant corse Yvan Colonna, dans la prison où il purgeait une peine à perpétuité pour l’assassinat du préfet Claude Erignac, a déclaré vendredi 20 mars le Parquet national antiterroriste à l’Agence France-presse.
Le parquet a rendu ses réquisitions le 20 février, près de quatre ans après la mort d’Yvan Colonna, agressé le 2 mars 2022 dans la prison d’Arles (Bouches-du-Rhône). Détenu radicalisé, condamné notamment dans un dossier terroriste, aujourd’hui âgé de 39 ans, Franck Elong Abé avait violemment agressé le militant indépendantiste dans la salle de sport de cette prison.
Au moment des faits, Franck Elong Abé était classé détenu particulièrement signalé depuis novembre 2015 en raison de sa « grande dangerosité », de son « instabilité » et de « la persistance de son comportement violent », selon des documents d’enquête. Il purgeait alors plusieurs peines, dont une de neuf ans d’emprisonnement pour association de malfaiteurs terroriste, et était libérable en décembre 2023. Lors de ses premiers interrogatoires, il avait expliqué s’en être pris à Yvan Colonna parce qu’il aurait blasphémé contre le prophète Mahomet. Il avait affirmé avoir « agi seul », « pour le compte d’aucun groupe ».
Une commission d’enquête parlementaire sur les conditions de cette agression mortelle a pointé, dans un rapport publié en mai 2023, de « graves défaillances » dans l’appréciation de la dangerosité de M. Abé, une « rigueur » excessive du traitement carcéral infligé à M. Colonna et des « dysfonctionnements » d’ordre général dans l’établissement pénitentiaire.














