Le ballet incessant des voitures n’a rien d’inhabituel dans cette station-service bordant une artère fréquentée de Nairobi, en ce jeudi 19 mars au matin. La rumeur de pénuries de carburant commence pourtant à pointer, ici et là, sur les très actifs groupes WhatsApp de la dynamique capitale kényane. « Oui, nous recevons moins que d’habitude », confirme sur place une employée en combinaison rouge. Mais essence et diesel continuent d’arriver, assure-t-elle : « Nous servons tout le monde, sans minimum. »
Certains usagers affirment pourtant que des stations-service ont instauré une dépense minimum de 1 000 shillings (un peu moins de 7 euros), quand de nombreux boda-bodas (les motos-taxis) ou chauffeurs Uber, aux budgets très serrés, ont pour habitude de remplir leur réservoir par à-coups de seulement 500 shillings.
Le Kenya, locomotive de l’Afrique de l’Est, est particulièrement inquiet des soubresauts économiques et géopolitiques actuels. Avec la guerre en Iran, déclenchée le 28 février par les Etats-Unis et Israël, et le blocage du stratégique détroit d’Ormuz, où transite en temps normal 20 % de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié, c’est toute la façade orientale et australe du continent qui redoute des problèmes de livraisons : 75 % du carburant consommé y provient du Moyen-Orient, selon l’agence Bloomberg.
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