A 93 ans, le comte Etienne Davignon pourra finalement être jugé pour son implication présumée dans l’assassinat de Patrice Lumumba, le premier chef de gouvernement du Congo indépendant, en 1961. La chambre du conseil de Bruxelles a décidé, mardi 17 mars, de renvoyer cette figure respectée de la politique et du monde des affaires belge devant un tribunal correctionnel.
Jeune diplomate présent au Congo au moment des faits, M. Davignon est poursuivi pour détention et transfert illicite d’un prisonnier de guerre, privation du droit de ce prisonnier à être jugé de manière impartiale, ainsi que pour des traitements humiliants et dégradants. Il ne devra, en revanche, pas répondre d’une « intention de tuer », son rôle dans la mort de M. Lumumba et de deux de ses proches, Maurice Mpolo et Joseph Okito, étant considéré comme indirect.
Pour la famille Lumumba, qui attendait avec impatience cette décision depuis le dépôt d’une première plainte en 2011, « un pas supplémentaire pour obtenir la justice et la vérité » a été franchi. Présents à l’audience mardi, plusieurs des 10 petits-enfants de l’ancien dirigeant congolais se sont dits « soulagés ». « Il y aura encore des pas à faire, mais nous sommes contents, c’est ce que nous espérions », ont-ils déclaré, estimant toutefois que leur combat allait désormais « vraiment commencer ».
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