Jean-Baptiste Giffon se fraie un chemin parmi les électeurs qui fuient la pluie glaciale au rez-de-chaussée de la vieille mairie en granit de Bastelica (Corse-du-Sud), puisque l’on vote, dimanche 15 mars. A 73 ans, le maire sortant (sans étiquette) tire sa révérence, après quatre mandats. Sur les visages qui saluent l’édile, des sourires affables et des politesses de circonstance dont il ne cherche pas vraiment à saisir les arrière-pensées.
Dans ce village de moyenne montagne, à 38 kilomètres d’Ajaccio, abritant une station de ski, patrie de Sampieru Corsu, le condottiere de François Ier, et haut-lieu du nationalisme corse, les parlementaires ont tordu le cou au panachage, cette pratique qui transformait l’isoloir en libre-service électoral, quand les électeurs rayaient ou ajoutaient à l’envi des candidats sur les listes municipales. Comme les 25 000 communes de moins de 1 000 habitants au plan national, Bastelica applique la loi du 21 mai 2025 qui institue désormais le scrutin paritaire proportionnel dans ces villages. « Le panachage était une manière de personnaliser son conseil municipal, un peu comme un loto-bingo », ironise un retraité, après avoir émargé.
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