Certes, Tadej Pogacar a déjà commencé sa moisson 2026 en remportant les Strade Bianche début mars, au terme – comme souvent – d’un long raid en solitaire. Mais le Slovène, quadruple vainqueur du Tour de France, n’est pas la seule star du cyclisme à se mettre en évidence dans ce début de saison. Dimanche 15 mars, deux autres noms de la discipline ont ajouté une ligne à leurs palmarès : le Danois Jonas Vingegaard a enlevé le classement général de Paris-Nice, quand le Mexicain Isaac Del Toro s’est imposé sur les routes italiennes de Tirreno-Adriatico, une autre course par étapes d’une semaine.
Dans les deux cas, le suspense n’était déjà plus au rendez-vous dimanche. Notamment dans le sud de la France, où Jonas Vingegaard a régné en maître. Déjà vainqueur de deux Tours de France, et d’un Critérium du Dauphiné, le Danois de 29 ans a complété sa collection dans l’Hexagone en décrochant un premier Paris-Nice avec plus de quatre minutes d’avance sur son premier concurrent, le Colombien Daniel Felipe Martinez (RedBull – Bora-Hansgrohe).
Le leader de l’équipe Visma-Lease a bike a fait grossir l’écart tout au long de la semaine au fil de ses succès. Et ce, quelle que soit la météo. Mercredi, il a été le premier à franchir la ligne – et à se mettre à l’abri – au terme d’une étape parcourue sous un déluge. Le lendemain, cette fois sous un soleil radieux, le natif d’Hillerslev dans le nord du Danemark a remis cela en y ajoutant une touche de panache dans le style de son éternel rival Tadej Pogacar, en s’isolant à 20 kilomètres de l’arrivée.
« Il a détruit tout le monde, a résumé son coéquipier, le Belge Victor Campenaerts. Il est dans une forme phénoménale. Il est venu ici pour tout écraser. J’ai déjà hâte de l’accompagner sur ses deux gros objectifs, le Giro [le Tour d’Italie] et le Tour de France. » Finalement, seul le Français Lenny Martinez (Bahrain Victorious) a réussi à contrecarrer une partie de ses plans, en le battant au sprint, dimanche, à Nice, lors de la dernière étape.
Une revanche à prendre
Du côté de Tirreno-Adriatico, la domination d’Isaac Del Toro a été un peu moins écrasante. Le Mexicain a ainsi attendu le samedi et l’avant-dernière journée pour lever les bras en franchissant une ligne d’arrivée. Mais il l’a fait sur l’étape reine de la Course des deux mers, dont la montée finale était à parcourir trois fois. A 22 ans, le champion du Mexique sur route n’a pas laissé beaucoup d’espoir à la concurrence, terminant avec 40 secondes d’avance sur l’Américain Matteo Jorgenson (Visma-Lease a bike) au classement général.
Si la dernière étape dimanche était promise aux sprinteurs – et a été remportée par l’Italien Jonathan Milan (Lidl-Trek) dans les rues de San Benedetto del Tronto –, Isaac Del Toro ne voulait pourtant pas savourer trop tôt. « Je ne veux pas parler de victoire finale, on verra demain. Il va falloir rester attentif et aller chercher ce succès », expliquait-il, méfiant, samedi. A 22 ans, le Mexicain a en effet déjà connu son lot de déceptions, et notamment un Tour d’Italie 2025 qui lui semblait promis mais que le Britannique Simon Yates lui a arraché des mains à deux étapes du terme.
Isaac Del Toro a largement le temps de prendre sa revanche et d’étoffer un peu plus son palmarès sur les grands Tours. Il ne devrait en revanche pas jouer les premiers rôles sur la prochaine Grande Boucle puisqu’il sera surtout là pour épauler son coéquipier dans l’équipe UAE Team Emirates-XRG… Tadej Pogacar. Le Mexicain retrouvera d’ailleurs ce rôle dès samedi 21 mars, lors de Milan-Sanremo, l’une des rares courses qui résiste encore au Slovène.










