L’autonomie de la Corse se trame dans les bulletins de vote des 23 000 électeurs de Bastia les 15 et 22 mars. Dans la deuxième ville de l’île, conquise en 2014 par les nationalistes, l’histoire politique paraît être un éternel recommencement. Successeur, en 2014, de la dynastie Zuccarelli (Parti radical de gauche, PRG) installée dès 1968, l’autonomiste Gilles Simeoni, maire éphémère, avait laissé son mandat en 2016 pour diriger l’Assemblée de Corse, gagnée dans la foulée. Une décennie plus tard, le 17 décembre 2025, M. Simeoni annonçait abandonner son poste de président de l’exécutif pour conduire sa liste, Bastia Inseme, aux élections municipales.
Le retour de l’enfant prodigue du nationalisme dans son fief, où six autres candidats sont déclarés, ne s’est pas fait sans mal. Pierre Savelli, maire pendant dix ans, a dû se contenter d’une modeste septième place sur la liste de M. Simeoni. Au quatrième étage de la mairie de Bastia, d’où il a une vue imprenable sur l’île d’Elbe, M. Savelli, assis pour quelques jours encore dans son fauteuil de premier magistrat, défend son bilan avec « le sentiment du devoir accompli ». Dans cette pièce, autrefois siège de la sous-préfecture, M. Savelli aime à rappeler qu’une délégation de nationalistes avait fait le coup de poing, le 17 février 1973, pour dénoncer le scandale écologique de l’affaire dite « des boues rouges », tentant même de défenestrer le représentant de l’Etat, esquissant ainsi les prémices de la revendication de son camp.
Il vous reste 75.71% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.










