Derniers instants en famille. Une petite fille d’un an et demi cavale à quatre pattes, le sourire aux lèvres, en appelant son père. Celui-ci la prend dans ses bras. La mère de l’enfant se tient à côté, dans cet appartement de Bat Yam, au sud de Tel-Aviv, baigné d’une lumière douce de fin d’après-midi, mercredi 4 mars. Noam Sobovitz part le lendemain pour le nord d’Israël y rejoindre son unité, les forces spéciales Egoz.
C’est là que ce réalisateur de 38 ans, ancien mannequin, a servi depuis l’attaque terroriste menée par le Hamas, le 7 octobre 2023. Réputée pour son savoir-faire en contre-guérilla, son unité va être déployée pour combattre à nouveau le Hezbollah, au Liban sud. Comme en 2024, durant la guerre au cours de laquelle la milice libanaise a subi une lourde défaite. Noam ne s’inquiète pas outre mesure : « En vérité, c’est facile d’aller au front. On y retrouve ses amis, la gloire, l’adrénaline… Les retours à la maison, avec la gestion du quotidien, sont presque plus durs. »
Dimanche 1er mars, au lendemain de l’offensive lancée conjointement avec les Etats-Unis contre l’Iran, Israël a battu le rappel de 100 000 réservistes, en plus des 50 000 déjà mobilisés. L’armée israélienne a annoncé le renforcement des troupes terrestres aux frontières avec le Liban, la Syrie, la bande de Gaza et la Cisjordanie. Le commandement du front intérieur, ce corps d’armée chargé de la protection des civils israéliens pendant un conflit, a à lui seul mobilisé 20 000 réservistes. L’aviation, la marine et les renseignements ont également été renforcés.
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