Le combat pour l’égalité salariale entre cadres des deux sexes est loin d’être gagné. En 2025, les femmes gagnaient encore 16 % de moins que leurs collègues masculins (en brut, variable inclus, en équivalent temps plein), et cet écart se maintient à ce niveau depuis 2018. A profil équivalent – c’est-à-dire en neutralisant les effets du métier, du secteur, de l’âge, de la taille d’entreprise, etc. –, les femmes percevaient toujours 6,8 % de moins que les hommes. Là encore, le différentiel se maintient depuis sept ans. Quarante pour cent des femmes cadres estiment avoir, dans leur entreprise, moins de chances de réussite que leurs collègues masculins.
Tels sont les principaux constats de l’étude, publiée le 3 mars, de l’Association pour l’emploi des cadres (APEC), menée auprès d’un échantillon de 2 000 cadres et de 1 000 entreprises du secteur privé en décembre 2025. Les raisons de cette persistance des inégalités salariales sont bien connues. L’écart brut, à savoir le différentiel de 16 % précité, tient pour une bonne part à la division genrée des métiers. Les femmes cadres sont sous-représentées dans les fonctions les plus rémunératrices (production industrielle, informatique…) et au sommet des organigrammes. A l’inverse, elles sont surreprésentées dans les secteurs moins lucratifs (santé, social, culture, formation, communication, ressources humaines…) et dans les échelons inférieurs.
Lutter contre ce phénomène qui trouve sa source dans les stéréotypes de genre est un travail de longue haleine : il faut en effet peser sur les choix d’orientation « genrés » contre lesquels butent écoles, entreprises et pouvoirs publics, malgré la multiplication des initiatives pour changer l’image de certains métiers. Et, tout au long de leur carrière, encourager les femmes à prendre du galon, jusqu’à percer le fameux plafond de verre des cercles dirigeants.
Sentiment d’injustice
Mais la persistance des discriminations est plus préoccupante : l’écart salarial de 6,8 % qui subsiste entre hommes et femmes cadres à profil équivalent commence dès le début de carrière et augmente progressivement, pour atteindre 12 % après l’âge de 55 ans. La différence de traitement s’accroît au fil des maternités, puis avec les réticences des femmes à occuper des postes trop prenants pour préserver leur vie de famille. Enfin, leurs collègues masculins tendent à s’accaparer une plus grosse part du variable, récompensant la performance individuelle. Variable dont la part tend de surcroît à augmenter avec l’ascension dans la hiérarchie.
Il vous reste 45.91% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.













