L’AVIS DU « MONDE » – À VOIR
Toy Story a 31 ans, Vice-Versa en a 11, et depuis ce dernier, les studios Pixar paraissent plutôt essoufflés. On a pu arguer de leur achat par Disney, en 2006, pour expliquer une standardisation ou un affadissement éventuels de leur production. Mais cela ne tient pas vraiment : ils ont, après cette date, encore secrété des chefs-d’œuvre comme Wall-E (2008), Là-haut (2009), Toy Story 3 (2010) ou donc Vice-Versa (2015).
La cause est sans doute plus triviale. Quand bien même Pixar est une communauté d’hommes et d’ordinateurs, on ne peut pas être indéfiniment génial, surtout lorsqu’on a mitraillé des feux d’artifice pendant une quinzaine d’années. L’originalité de Pixar tenait au fait que le studio était astreint à un jeu d’obstacles avec les limites de sa technologie, ce que scella le premier Toy Story, en 1995, en élisant avec sagacité des jouets en plastique, afin de ne pas avoir à affronter outre mesure des textures et carnations alors inatteignables.
Aujourd’hui, la donne est différente, puisque le numérique est capable de tout simuler. Pixar n’a plus, dès lors, à négocier avec cette ligne rouge qui, autrefois, l’a obligé à contourner, inventer, et, ce faisant, revivifier l’anthropomorphisme, cette lisière fondatrice du récit merveilleux que Disney avait totalement oubliée, avec ses animaux parlant de manière homogène et banale, dans un zoo climatisé.
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