On trouve sa trace sous une dizaine d’identités, mais tous l’appellent Walid. Lui maintient qu’il y a erreur sur la personne, même si ses victimes l’ont reconnu sur les photographies, notamment grâce à une tache pigmentaire sous un œil. C’est bien cet Erythréen qui, depuis Bani Walid, dans le nord-ouest de la Libye, organisait la détention de migrants dans des conditions épouvantables jusqu’à recevoir d’importantes sommes d’argent de leurs proches.
Walid, dont le vrai nom reste incertain, a été condamné le 27 janvier à vingt ans de prison, pour trafic d’êtres humains et participation à une organisation criminelle. Particularité de ce dossier, cette condamnation a été prononcée par un tribunal de la ville de Zwolle, dans le nord des Pays-Bas.
« Cette affaire est sans précédent »
Sa défense a annoncé faire appel, invoquant précisément l’incompétence des tribunaux néerlandais. « A notre connaissance, aucune poursuite de la sorte n’a été engagée ainsi dans une autre juridiction européenne », font valoir auprès du Monde les avocats de Walid, Simcha Plas et Jordi L’Homme.
L’argument a été rejeté par le juge : si les faits se sont déroulés « en grande partie en dehors des Pays-Bas », selon le communiqué du tribunal de Zwolle, certaines personnes concernées sont arrivées dans le pays, où elles ont demandé l’asile, et d’autres y résidaient lorsqu’elles ont été victimes d’extorsion.
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