Les crises internationales de ces dernières semaines soulignent l’urgence pour l’Europe d’exister comme un pôle de puissance, une ambition portée de longue date par la France. L’actualité montre aussi que si les Européens se lamentent souvent sur leur propre impuissance, ils sont capables de défendre leurs intérêts lorsqu’ils se montrent fermes et unis.
Mais cette accumulation de crises ne doit pas faire oublier que c’est d’abord en Ukraine, où le quotidien de la population a considérablement empiré sous les attaques russes, que se jouent la sécurité de l’Europe et sa place dans le monde. A cet égard, renforcer le consensus européen autour de l’Ukraine est indispensable pour bâtir une paix juste et durable.
Car seule la détermination de ceux qui nous soutiennent permettra de contraindre la Russie à s’engager dans de vraies négociations, pour mettre fin à la guerre et prévenir de nouvelles agressions. Les demi-mesures ne feront que prolonger les combats aujourd’hui, et créer les conditions d’une extension de la guerre dans un futur proche.
Déstabiliser l’Europe
Des actions telles que l’arraisonnement de pétroliers de la flotte fantôme russe par la marine nationale française, en janvier, contribuent à affaiblir l’effort de guerre russe et à nous rapprocher de la paix. De même, les progrès réalisés par la coalition des volontaires en France sont une étape-clé pour préparer la paix et des garanties de sécurité.
Mais, dans le même temps, les actions futures des partenaires européens doivent tenir compte de trois points fondamentaux.
Premièrement, les objectifs de la Russie visent à restaurer sa zone d’influence en Europe et à saper la sécurité européenne, créant ainsi des opportunités pour déstabiliser encore les pays européens, y porter au pouvoir des forces politiques pro-Kremlin, et même attaquer des nations européennes. En effet, l’Ukraine n’est pas la finalité des plans stratégiques russes, mais un moyen de leur mise en œuvre. Les Russes ne se contenteront pas du Donbass, ils cherchent à démanteler l’Etat ukrainien par des moyens militaires ou politiques. Pire, ils ne s’arrêteront pas en Ukraine : ils reprendront leurs tentatives d’expansion en Europe orientale, et en particulier dans les pays baltes.
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