Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, avec son homologue omanais Sayyid Badr Albusaidi, à Genève (Suisse), le 25 février 2026.

Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a assuré, jeudi 26 février, que son pays ne cherchait pas à se procurer des armes nucléaires, alors que débutent des pourparlers indirects avec les Etats-Unis ont repris en Suisse.

« Notre guide suprême [l’ayatollah Ali Khamenei] a déjà déclaré que nous n’aurons pas du tout d’armes nucléaires », a affirmé le président iranien lors d’un discours. « Même si je voulais aller dans cette direction, je ne le pourrais pas, d’un point de vue doctrinal, je n’y serais pas autorisé. »

L’Iran et les Etats-Unis se retrouvent jeudi à Genève pour une nouvelle série de pourparlers indirects. Il s’agit du troisième cycle de discussions depuis la reprise du dialogue début février à Oman. Depuis janvier, les deux parties se disent ouvertes à la négociation tout en affirmant être prêtes à une action militaire, laissant le champ ouvert à tous les scénarios.

Les discussions de jeudi porteront uniquement sur la question nucléaire, a fait savoir le porte-parole du ministère des affaires étrangères iranien, affirmant que le chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) devrait y participer. Une posture qualifiée de « gros problème » par Marco Rubio, le secrétaite d’Etat américain accusant Téhéran de refuser de parler de son programme de missiles balistiques – un dossier que souhaite aborder Washington comme la question du nucléaire.

Les missiles iraniens au cœur de la discorde

Le président américain, Donald Trump, qui a envoyé dans le Golfe un dispositif militaire massif, répète qu’il préfère une résolution du différend par la diplomatie, mais a accusé mardi Téhéran d’avoir de « sinistres ambitions nucléaires ». L’Iran a « développé des missiles qui peuvent menacer l’Europe et nos bases » militaires et cherche à en concevoir des plus puissants encore, capables « d’atteindre bientôt les Etats-Unis », a-t-il assuré.

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« Gros mensonges », a répondu le ministère des affaires étrangères iranien, alors que l’Iran affirme avoir limité la portée de ses missiles à 2 000 km. Il dispose d’un large arsenal d’engins conçus localement, notamment des Shahab-3, qui peuvent atteindre Israël, son ennemi juré, et quelques pays d’Europe orientale.

Le sujet est au cœur de la discorde entre les deux pays ennemis : Washington veut inclure le programme de missiles balistiques dans les discussions, mais aussi la question du soutien de Téhéran à des groupes armés hostiles à Israël, ce que l’Iran refuse. La République islamique souhaite en effet limiter les négociations au volet nucléaire et exige la levée des sanctions qui étranglent son économie.

Donald Trump « souhaite des solutions diplomatiques. Il les préfère, il les préfère largement. Je ne qualifierais donc pas la journée de demain [jeudi] autrement que comme une série de discussions, qui, je l’espère, seront productives, mais au final, vous savez, nous devrons discuter d’autres sujets que le seul programme nucléaire », a déclaré Marco Rubio lors d’une conférence de presse à Saint-Kitts-et-Nevis.

« Opportunité historique »

Malgré ces divergences, l’Iran assure qu’un accord est « à portée de main », selon le chef de la diplomatie, Abbas Araghchi, qui mène la délégation aux négociations, invoquant une « opportunité historique ». Le président Massoud Pezeshkian a, pour sa part, évoqué une « perspective favorable », disant espérer sortir de « cette situation “ni guerre ni paix” ». Mais « le succès de ces négociations dépend du sérieux de l’autre partie et de sa capacité à éviter les comportements et les positions contradictoires », a souligné M. Araghchi dans un communiqué tôt jeudi.

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Les Etats-Unis sont, quant à eux, représentés par l’émissaire Steve Witkoff et le gendre du président américain, Jared Kushner, qui en parallèle doivent mener des pourparlers avec l’Ukraine, également à Genève, jeudi.

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Les deux pays avaient tenu cinq cycles de négociations l’an dernier, qui avaient pris fin après l’attaque d’Israël contre l’Iran en juin, qui a déclenché une guerre de douze jours. Les Etats-Unis, alliés d’Israël, y ont brièvement participé en effectuant des frappes contre des sites nucléaires iraniens.

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Le Monde avec AFP

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